Au lendemain d'attaques massives, Israël poursuivait, dimanche 27 décembre, ses attaques aériennes à Gaza en menaçant le Hamas qui contrôle le territoire palestinien d'une possible opération terrestre. Selon un haut responsable du gouvernement, Israël a décidé de mobiliser plus de 6 000 réservistes Réuni d'urgence, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé dimanche à la fin immédiate de toutes les activités militaires dans la bande de Gaza. L'opération dite "plomb durci", d'une violence jamais vue contre des objectifs palestiniens, vise selon Israël à mettre fin aux tirs de roquettes depuis Gaza sur les localités du sud du pays.
Les attaques israéliennes ont fait 271 morts, en majorité des policiers du Hamas, et 620 blessés, selon un nouveau bilan des services d'urgence palestiniens. Des raids ont été signalés dimanche dès 7 heures, heure locale, dans la ville de Gaza, dans le camp de Jabaliya, dans le nord du territoire, ainsi que dans le sud, à Khan Younès et Rafah, selon des témoins. Dans l'une de ces attaques, à Gaza-ville, une dizaine de policiers du Hamas qui se trouvaient dans un poste de police, ont été blessés, a-t-on appris auprès des services d'urgence de l'hôpital al-Chifa.
Un autre a visé un bâtiment du "Conseil des ministres" du Hamas à Gaza. Les rues de la ville de Gaza étaient quasi désertes tandis que des files se formaient devant les boulangeries. Les magasins et les écoles sont restés fermés en signe de deuil. Des policiers du Hamas étaient déployés dans les rues et bloquaient les accès à certains axes. Une grève des commerces était également observée en Cisjordanie, à Jérusalem-est et dans les villes arabes d'Israël.
UNE OPÉRATION TERRESTRE EST POSSIBLE:
Mais Israël semble déterminé à ne pas s'en tenir aux raids aériens. D'autant que les tirs de roquettes, qui ont fait un mort israélien samedi et plusieurs blessés à Netivot (sud), se poursuivaient de façon sporadique. Le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak cité par son porte-parole a affirmé dimanche qu'une opération terrestre contre le Hamas était possible. "Nous sommes prêts à toute éventualité. S'il est nécessaire de déployer des troupes pour défendre nos citoyens, nous le ferons", a déclaré M. Barak cité par son porte-parole Selon les médias israéliens, l'armée a commencé à masser des troupes aux abords de la bande de Gaza. Un porte-parole militaire s'est refusé au moindre commentaire.
Ehoud Barak a par ailleurs décidé d'autoriser dimanche le passage d'un convoi d'aide humanitaire à destination de la bande de Gaza, a indiqué sa porte-parole. Selon un haut responsable militaire israélien, l'armée de l'air a attaqué uniquement des "objectifs militaires" et réussi à porter un coup sévère en surprenant le Hamas. Mais il s'agit uniquement du premier acte d'une campagne de "longue haleine" pour forcer le Hamas à stopper les tirs. L'opération "se poursuivra et s'intensifiera autant que cela sera nécessaire", a averti M. Barak. Le Premier ministre du gouvernement de transition, Ehud Olmert, a affirmé qu'Israël ne "combattait pas le peuple palestinien" mais le Hamas, et s'est engagé à éviter une "crise humanitaire" à Gaza.
DÉCLARATION NON CONTRAIGNANTE DE L'ONU
Le chef du gouvernement du Hamas Ismaïl Haniyeh a répliqué que les attaques israéliennes ne feraient pas plier son mouvement. Son chef en exil, Khaled Mechaal, a appelé à déclencher une nouvelle intifada contre Israël et a évoqué une reprise des attentats suicide. Le président palestinien Mahmoud Abbas a qualifié l'offensive israélienne "d'agression lâche" et dénoncé les "massacres dans la bande de Gaza".
A l'ONU, une déclaration non contraignante des 15 membres du Conseil de sécurité appelle "à l'arrêt immédiat" de toutes violence et toutes les activités militaires. Elle ne mentionne nommément ni Israël ni le Hamas. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon avait appelé samedi à l'"arrêt immédiat des violences". La Maison Blanche a estimé que le Hamas avait les cartes en main, faisant valoir que le mouvement pouvait mettre un terme aux frappes israéliennes en cessant ses propres tirs de roquettes sur l'Etat hébreu. Le président élu américain Barack Obama "surveille" la situation, a déclaré une porte-parole depuis Hawaï où il passe les fêtes.